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Le LLM wiki est un pattern d’architecture publié par Andrej Karpathy (co-fondateur d’OpenAI, ex-directeur IA de Tesla) dans un gist daté d’avril 2026. Le principe : plutôt que de faire chercher l’IA dans des documents bruts à chaque question — comme le RAG — on lui fait lire les sources une seule fois, puis compiler une base de connaissances synthétisée : des fichiers Markdown interconnectés qu’elle maintient à jour au fil des nouvelles informations.
L’agent navigue ce graphe de fichiers (il suit des liens, comme un humain parcourt une encyclopédie) au lieu d’interroger une base vectorielle. Karpathy résume l’idée par une analogie : « Obsidian est l’IDE, le LLM est le programmeur, le wiki est la base de code. »
Ce choix du fichier texte a une conséquence peu commentée mais structurante : la mémoire n’appartient à aucun assistant. Exposée par un serveur MCP (Model Context Protocol), la même arborescence Markdown peut être lue et alimentée par plusieurs modèles différents en parallèle — et changer d’assistant ne fait rien perdre, puisque rien n’est stocké dans un format propriétaire.
Andrej Karpathy, à l’origine du pattern « LLM wiki », expose ici sa vision d’ensemble : le LLM comme nouveau « système d’exploitation » et la conception de logiciels pensés pour des agents — le cadre dans lequel s’inscrit l’idée du wiki (keynote Y Combinator, 2025).
L’architecture sépare nettement trois rôles, ce qui garantit la traçabilité (on ne mélange jamais la source et sa synthèse).
Chaque page du wiki suit une structure standardisée — c’est ce qui la rend lisible par l’agent comme par un humain, et auditable.
Titre en WikiLink. Le nom de l’entité ou du concept, cible des liens entrants.
Résumé en tête. Quelques lignes de synthèse : ce que l’agent lit en premier pour décider si la page est pertinente.
Sources & date. La traçabilité : de quels documents raw/ la page est issue, et quand elle a été mise à jour.
Contenu relié. Le corps de la page, parsemé de [[liens]] vers les pages connexes — ce sont eux qui forment le graphe.
Pages liées. Une section finale qui liste les connexions, pour la navigation de proche en proche.
Le wiki n’est pas figé : il grandit à mesure que de nouveaux documents arrivent. L’agent suit alors un cycle régulier.
Cette dernière étape — l’audit (ou lint) — est ce qui distingue une mémoire saine d’un fouillis : l’agent vérifie périodiquement la cohérence de l’ensemble, comme on relit et range une base documentaire.
Les deux approches donnent à un agent l’accès à une connaissance propriétaire, mais par des chemins opposés. Le tableau les situe.
Sur le plan du coût en tokens, l’argument du LLM wiki est que l’agent charge un index et quelques pages pertinentes, pas tout le corpus brut. Des analyses tierces avancent des économies pouvant atteindre 90 à 95 % sur certains cas — un ordre de grandeur non confirmé par un banc d’essai reproductible ni par Karpathy lui-même, à manier avec prudence.
En synthèse, le LLM wiki est une approche émergente mais cohérente pour donner à un agent une mémoire d’organisation persistante : l’IA compile les sources en un graphe Markdown qu’elle maintient et navigue, sans serveur ni base de données obligatoire. Sa force est la simplicité (des fichiers texte, une mémoire qui s’enrichit, un coût en tokens contenu) ; sa limite est son terrain — les connaissances textuelles stables, là où le RAG reste préférable pour les flux volumineux ou changeants. Les deux approches se combinent d’ailleurs bien : le wiki porte les arbitrages et les décisions lus en entier, un index vectoriel local peut compléter en couche de recherche sur le volume — l’index sert, il ne décide pas : les fichiers texte restent la vérité, et l’index se reconstruit depuis eux. Concrètement, il s’installe dans un vault Obsidian — Obsidian est le conteneur et l’interface, le LLM wiki le contenu et la méthode.
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