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Obsidian, édité par la société du même nom, est une application de prise de notes dont le principe fondateur est le local-first : chaque note est un fichier Markdown (.md) en clair, stocké sur l’appareil de l’utilisateur, sans compte ni cloud forcé. Ce choix structurant a trois conséquences directes — fonctionnement hors-ligne complet, contrôle des données, et portabilité totale (les notes restent lisibles dans n’importe quel éditeur, même sans Obsidian).
Au-delà de l’éditeur, ce sont les liens entre notes qui font la valeur de l’outil : ils tissent un graphe de connaissances navigable. L’application est multiplateforme (Windows, macOS, Linux, iOS, Android) — sans version web.
La signature d’Obsidian, c’est la vue graphe : chaque note devient un nœud, chaque lien [[wiki]] une arête. On visualise ainsi la structure d’un domaine, on repère les notes centrales et les grappes thématiques.
À côté de l’écriture liée, Canvas propose un tableau blanc infini : on y dispose notes, images, pages web et fichiers, reliés par des flèches, pour penser visuellement un sujet hors de la structure linéaire d’un document.
Nouveauté marquante (plugin cœur disponible pour tous depuis l’été 2025), Bases transforme un ensemble de notes en base de données. Le principe : les Properties (métadonnées en frontmatter YAML) de chaque note deviennent des colonnes ; on construit alors des vues en tableau, des filtres et des formules pour des propriétés dynamiques.
Bases ne remplace pas un système de base de données relationnel complet : c’est une couche de structuration posée sur des notes, qui préserve le caractère local et portable des fichiers.
L’extensibilité est l’autre force d’Obsidian. Outre les plugins cœur (graphe, Canvas, Bases, Templates, recherche…), un vaste répertoire de plugins communautaires et de thèmes permet d’adapter l’outil. C’est aussi par là que passe l’intelligence artificielle : Obsidian n’embarque aucun modèle, mais son écosystème comble ce manque.
Plugins IA. Smart Connections ajoute une recherche sémantique et des suggestions de notes liées ; Copilot apporte un chat et des questions-réponses sur le vault. Tous deux peuvent fonctionner avec un moteur local (ex. Ollama) pour rester 100 % hors-ligne.
Serveurs MCP (communautaires). Plusieurs serveurs Model Context Protocol open-source exposent un vault à un assistant comme Claude : lecture et écriture de notes, recherche plein texte, navigation par backlinks. C’est la brique qui fait d’un coffre Obsidian une mémoire externe interrogeable et alimentable par des agents.
À noter. Ces intégrations IA sont tierces / communautaires : il n’existe pas, à date, de serveur MCP officiel édité par Obsidian. À évaluer selon les exigences de support et de sécurité.
Un point de structure mérite d’être noté ici : un vault n’est qu’un dossier de fichiers. Rien n’empêche donc d’en tenir plusieurs et de leur donner des portées différentes — un vault par personne pour une mémoire individuelle, un vault partagé (synchronisation, dépôt Git, partage réseau) pour une mémoire collective d’équipe ou d’organisation, chacun exposé séparément aux assistants avec ses propres droits. C’est cette propriété, jointe au format Markdown, qui fait d’Obsidian un conteneur courant du pattern LLM wiki : l’application fournit le coffre, l’interface et le graphe ; la méthode et le contenu vivent dans les fichiers.
L’application est gratuite ; deux services officiels payants viennent s’y greffer, plus un soutien optionnel. Tarifs relevés en dollars américains.
Obsidian libelle explicitement ses tarifs « USD » et ne publie aucune grille en euros, y compris sur obsidian.md/fr/pricing. Vérifié le 2026-08-11.
Le Web Clipper (extension de navigateur pour sauver des pages dans le vault) est gratuit et open-source. Réserves : les tarifs sont publiés en USD (pas de grille en euros) ; une remise de −40 % s’applique aux usages éducation et associatif sur Sync et Publish.
Jusqu’en février 2025, toute entreprise de deux personnes ou plus devait acheter une licence commerciale (50 $/utilisateur/an) pour utiliser Obsidian au travail. Ce n’est plus le cas : depuis le 20 février 2025, « anyone can use Obsidian for work, for free ». L’application est gratuite et sans limites pour tous les usages — personnel, commercial, associatif.
La licence commerciale subsiste mais à titre de soutien volontaire au développement (les organisations de 25 licences et plus peuvent être mises en avant sur la page Enterprise). À noter : il n’existe pas d’administration centralisée (SSO/SCIM) ; pour une équipe, la synchronisation passe par Obsidian Sync, facturé par utilisateur, avec coffres partagés (jusqu’à une vingtaine d’utilisateurs).
Les fonctions décrites se combinent en plusieurs usages typiques.
Plusieurs situations justifient d’examiner d’autres options, ou d’exiger des compléments avant de retenir cette solution.
En synthèse, Obsidian est un outil de connaissance local-first dont la force tient à un triptyque rare : des notes en clair et portables, un graphe qui rend visibles leurs liens, et une extensibilité (plugins, Bases, Canvas, serveurs MCP) qui permet d’en faire aussi bien un second cerveau personnel qu’un socle de mémoire pour des agents IA. Avec, depuis 2025, un argument décisif : la gratuité pour tous les usages, y compris professionnel. En contrepartie, deux limites cadrent la décision : pas d’édition collaborative temps réel ni d’administration centralisée — pour ces besoins, d’autres outils répondent mieux.
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